Hollywood nous referait-il le même coup tous les
10 ans : acheter un film d'épouvante à très bas prix
et en faire de ce found footage un immense succès ?
En clair, après Le
projet Blair witch, voici un couple décidé à
se filmer 24 heures sur 24 pour prouver qu'il y a autour d'eux des phénomènes
paranormaux. La base d'un film d'horreur qui essaie d'aller plus loin
dans le réalisme mais qui possède les mêmes trucs
scénaristiques, les mêmes ressorts horrifiques qu'un Amityville et bien avant lui La maison du Diable (1963...). Un simple prétexte pseudo réaliste qui a, ici, l'avantage de se passer de réelle mise en scène ; Un faux ravalement de façade du film de maison hantée qui ne fait jamais marché notre imagination, restant ancré sur ses bases, réduite à des objets qui bougent tout seuls), ce qui en fait une oeuvre rarement surprenante, rarement flippante et surtout jamais malséant.
Ça parle beaucoup sans installer grand chose, le démon n'est quand même pas très agressif au final, et ces victimes franchement passives. Et en fait c'est vite longuet, on a vraiment
du mal à se sentir immergé dans l'univers, dans la peur
de ces personnages. Pourquoi ? Les acteurs ne sont pas vraiment phénoménaux,
le film est peut-être même trop brut, l'écriture n'est
vraiment pas bonne et ne contribue en rien à emmener la peur, tout
du moins le stress chez le spectateur. Ce n'est finalement pas si hyper-réaliste
que cela en a l'air (d'ailleurs on décroche fortement après
le coup du ouija, trop fantaisiste), le film en lui-même n'en montre
pas plus que les trailers et le reste ne risque pas de nous surprendre
(quand un type met de la poudre par terre, que peut-il bien arriver ?).
Le vrai problème en fait c'est que l'on y croit pas une seconde et que cela devient même pénible à force d'attendre
quelque chose, voir frustrant ; n'aurait-il pas mieux valut faire un vrai
et sincère film d'épouvante ? C'est très dommage
d'autant plus que le film devient excitant sur la fin, les scènes
laissant transpirer la peur, jouant enfin sur les ombres menaçantes
et des hors champs plus terrifiants ; même si le choix de laisser les yeux du spectateur balayer l'écran à la recherche de quelque chose de croustillant se discute).
NOTE : 8-9 / 20