De la pure série B fantasmatique mise en valeur par le style
"Bekmambetov" (ralentis aériens, cascades fantastiques,
personnages malmenés...) et une toile de fond plutôt bien
sentie qui constitue une agréable surprise.
On se croirait à
priori dans un comic : A. Lincoln est une espèce de super-héros
dont les idéaux politiques avaient un tout autre fondement que
la thèse officielle. Explication. Pour peu que l'on accepte le
principe de départ, où que l'on si adapte assez rapidement,
le scénario, s'il est un peu torché "à-la-va-vite",
mêle très agréablement l'Histoire et la fiction
: la vie d'Abraham Lincoln est très finement retouchée
(ce film n'étant pas une biographie officielle, je le rappelle)
pour inclure l'élément fantastique ; on nous explique
ces drames personnels, ce qui va le plonger dans son combat national,
ses hésitations entre le pacifisme, la lutte armée ou
la lutte politique ; les vampires deviennent des esclavagistes -rôle
qui leur va parfaitement et qui renforce leur présence ainsi
que le thème historique du film-, la bataille de Gettysburg trouve
l'éclatante explication de sa boucherie...etc.
De quoi rendre
le fond plus solide et l'approche plus intéressante que celle
d'un vulgaire film de vampires où ces derniers ne sont que les
méchants de service : il en ressort un medley politico-fantaisiste
de bonne augure. Même si le scénario est terriblement expéditif,
les transitions pas soignées pour un sou, mal dégrossies
aux entournures (au débuts les situations s'enchainent trop vite
et sans grande surprise), bien trop cut, le film s'avère extrêmement
réussi visuellement puisqu'énergétiquement gore,
baigné d'un esthétisme clinquant et absolument divin (les
couleurs sépias et les reconstitutions sont un ravissement pour
les yeux) et traversé de scènes marquantes (celle avec
les chevaux et celle dans le train).
Les acteurs restent à mon
sens un peu frais. Les vampires très réussis.