Une famille endettée, enfoncée par un drame. Un père totalement désespéré.
John Q est une oeuvre qui a le mérite
de soulever frontalement et sans ambivalence de graves questions sur les systèmes de santé
américain, d'assurance maladie et de couverture sociale en règle générale ; quand le système perd la tête et que l'argent devient plus important que la vie
humaine... John Q nous confronte à la terrible réalité de nos pays capitalistes, à la froide
administration de nos républiques soit-disant modernes, au système immonde des assurances,
étouffé par leur profit et pour lequel le mot "mutuelle" n'a plus aucun sens dans la mesure où tout est régi par le dieu dollar plus que la compassion et les priorités humanitaires. Le scénario confronte des sentiments humains et une espèce, une immonde guerre consummériste, mêlés aux lois
absurdes et abscons qui en découlent, à l'obscurantisme
policier et politique, enfermés qu'ils sont dans un système politique
où la réflexion ne semble plus d'usage. Un scénario peut-être imparfait mais terriblement efficace et puissant, à la fois par son format, son message et son engagement : Administration Vs Vie humaine. Système médical Vs Pauvreté. Réalité Vs Désespoir des patients ; dans le pays le plus riche du monde.
Le film est mû par un suspens qui porte cette révolte à l'extrême, via une prise en otage d'un service des urgences ; mais c'est surtout une intense réflexion sur les notions du Bien et le Mal, leur frontière poreuse en fonction des divers points de vue.
Voir N. Cassavetes dans ce genre
de grosses productions pourrait surprendre au départ, mais, dans
l'intense émotion, la rage sans concession, le jusqu'au-boutisme
(prise d'otage, éventualité du suicide pour sauver son enfant...),
et au travers de sa réalisation parfaitement maitrisée, explosive et à la lecture fluide et perspicace, il force grandement le respect. De même la qualité des seconds rôles, un casting qui fait rêver, un montage
surprenant, on voit émerger une oeuvre importante, radicale, qui
parle intelligemment aux consciences et sait délivrer un message
remarquable, essentiel, par le biais d'une course contre la montre halletante et scénarisée...
au scalpel.
D. Washington méritait déjà un oscar.
Un de plus...