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INTERVIEW du réalisateur M. Hamidi réalisateur de Jusqu'ici tout va bien
 

Qui êtes-vous M. Hamidi et comment êtes-vous devenu réalisateur ?

Mon parcours est assez atypique c'est vrai. J'ai été prof, musicien, auteur et metteur en scène de stand up, j'ai participé à la création des premiers médias en ligne avec le Bondyblog.
En fait c'est en voulant raconter une histoire que je suis arrivé au cinéma. Et cette histoire est devenue mon premier film, Né quelque part. En commençant à l'écrire je ne savais absolument pas qu'elle allait m'amener au cinéma.


En regard de votre carrière, n'avez-vous pas peur d'être catalogué "réalisateur de comédie" ? Avez-vous envie d'explorer d'autres genres?

Mon premier film (Né quelque part) n'était pas une comédie. Etre catalogué quelque part c'est déja très bien au cinéma. La réalité c'est que je fais les films les uns après les autres en fonction de ce que j'ai envie de raconter, et il se trouve que le ton de la comédie me convient bien en ce moment. Mais cela peut changer.

Jusqu'à présent vous avez écrit tous vos films : est-ce un besoin d'avoir le contrôle sur tout le processus ?

Non ce n'est pas une question de contrôle mais l'écriture est mon métier de base. Après quatre films, je me considère encore plutôt comme un auteur qui fait des films. J'utilise au mieux le mot de metteur en scène pour définir mon travail.


Jusqu'ici tout va bien est une comédie sortie après Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu, Nicky Larson, All inclusive et arrivée quasiment en fin de vacances scolaires ; Les films échappent à leur auteur une fois le tournage terminé : ce n'est pas frustrant de les voir jetés en pâture ainsi, sans que leur potentiel ne soit exploité à 100 %??

C'est vrai qu'on aurait aimé que le film rencontre encore un plus large public mais le film a eu sa place dans les sorties de février. La concurrence est rude et on ne commande ni les envies des spectateurs, ni le temps. Cette période m'avait porté chance pour mon second film La vache. Disons que la sortie de Jusqu'ici tout va bien a été un peu moins puissante cette fois-ci. Mais nous sommes déjà à 600 000 entrées ce qui par les temps qui courent est plutôt bien. Je suis très content du film, de notre prix du public au Festival de l'Alpe d'Huez et de l'accueil dans les salles. Et franchement faire un film dont je suis content c'est ce qui m'importe le plus et c'est vraiment le cas.

En terme de "représentation des minorités dans le 7ème art", pensez-vous que la France soit un exemple ?

C'est en train d'évoluer. Plus les auteurs et réalisateurs viendront de milieux sociaux différents, plus la France sera représentée dans sa diversité à l'écran. Même si on n'est pas obligé de faire des films qui parlent de notre milieu d'origine ou sur des gens qui nous entourent, je crois que le temps où la moitié des films français se faisaient dans des 150 mètres carrés à Paris est terminé. Le prix de l'immobilier est trop cher.

 

 

Un Prix du public aux César : bonne ou mauvaise idée ?

Je préfererais un César du meilleur film de comédie, désigné dans le même cadre que les autres. On pourrait aussi créer la catégorie "Meilleur acteur et actrice de comédie", comme aux Golden Globes ou aux European film awards.

On vous laisse choisir un acteur américain pour votre prochaine comédie : qui engagez-vous ?

George Clooney.

D'ailleurs : faites-vous partie de ces réalisateurs qui rêvent d'Hollywood ?

Je préfèrerais faire tourner des acteurs américains en France. J'y travaille.


Sur le show "Le Marrakech du rire", pouvez-vous nous expliquer quel est votre rôle ?

J'étais avec Jamel à l'origine de ce projet. Pour utiliser des mots pompeux j'en ai été le "Directeur artistique" et le metteur en scène même si aujourd'hui je suis entouré d'une équipe dont Khaled Amara avec qui j'ai ecrit Jusqu'ici tout va bien (ainsi que Michaël Souhaité).

 

 

J'ai lu que votre prochain projet était Les footeuses : vous pouvez nous en dire un peu plus ?

C'est une petite équipe de foot dans le nord (Alban Ivanov est le meilleur joueur, c'est vous dire le niveau) qui se bastonne avec ses adversaires. Tous les joueurs sont suspendus et comme il n'y a plus un mec dans le village ce sont leurs femmes, leurs filles, leurs soeurs qui vont aller sur le terrain pour finir le championnat. Avec tout ce que cela entraîne comme changements dans les foyers. Nous avons tourné l'été dernier avec des actrices et des acteurs formidables. Céline Salette, Sabrina Ouazani, Laure Calamy, Kad Merad, Alban Ivanov et beaucoup d'autres.


Question subsidiaire : Si vous deviez emporter un seul film avec vous sur une île déserte, quel serait-il et pourquoi ?

Il était une fois en amérique de Sergio Leone car il est long et il n'y a pas un plan à jeter et De Niro y est plus qu'incroyable. Il y a tout le cinéma dans ce film.

Sinon un film de Ken Loach pour me souvenir à quoi ressemble l'humanité. Bread and roses par exemple ou Moi, Daniel Blake

 

A très bientôt et merci encore