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Dune
Budget = 165 M$
BOX OFFICE France = 4 465 / 181 316 - 1 031 000 - ? 000 entrées
BOX OFFICE USA = - M$
BOX OFFICE Monde = - M$
 

(Analyse provenant d'un lecteur du roman)
L'essentiel et le principal : réussir pleinement l'adaptation des centaines de pages que compose le Livre 1 de "Dune", c'est de toute évidence retrouver l'essence littéraire et spirituelle de l'œuvre de F. Herbert. Et je peux dire qu'à la vision du Dune de D. Villeneuve j'ai eu l'impression persistante de feuilleter les pages du livre et de m'y projeter comme rarement j'ai pu le faire auparavent. Le scénariste, autant qu'artiste pictural, se l'ait approprié, intellectuellement et visuellement : au détour d'une image on semble même y retrouver des éléments graphiques de ses oeuvres précédentes, comme un coup de griffe, une signature.
Bien sûr on pourra toujours argumenter à loisir qu'il manque tel ou tel élément explicatif (le processus de récupération de l'eau des corps, les enjeux écologiques sur la planète, les Sardaukar, trop esquissés...etc) mais force est de constater que l'auteur a su retirer l'essence du roman -son épice oserais-je dire- : son atmosphère toute particulière, neurasthénique, tortueuse, massive et surtout hautement spirituelle, ses personnages finement dessinés, ses marqueurs dramatiques, ses enjeux subtils.
Dune s'avère immédiatement être une oeuvre absolument grandiose, sublimement peinte par son réalisateur : chaque plan est une merveille pictural et tout se retrouve dans chacun des cadres, comme sur un tableau ; peut-être reprochera-t-on à Villeneuve, justement, de ne pas assez composer avec sa caméra. Il n'empêche que le plaisir des yeux est bel et bien là, dans chaque recoin de ce monument d'esthétisme usant d'une très large palette de couleurs et de tonalités se mariant à merveille avec l'humeur des personnages. Et puis je l'avoue : j'ai tremblé à la première vision d'un ver émergeant des dunes comme il le ferait d'un océan de sable, j'ai exulté à voir voler ces ornithoptères que j'avais imaginé à la lecture du roman.
Dune se trouve également être un blockbuster téméraire, à mille lieues d'un film d'action ou de science-fiction hollywoodien comme on le conçoit usuellement. Difficile de le rapprocher, le comparer à autre chose qu'à son matériau originel : sans commune mesure il est et restera avant toutes choses une expérience sensorielle unique ; expérience mettant en jeu tous les sens du spectateur. A chaque tableau répond la puissante, ambitieuse et complexe musique de H. Zimmer et le travail ébourriffant du son (oscarisable, forcément !). Chaque image semble délivrer cette odeur d'épice si bien mise en avant dans le livre. Dune reste une adaptation sans compromis, usant de la métaphysique pour faire avancer son récit en une véritable expérience de cinéma, sans doute bien au-delà des images elles-mêmes. J'avancerai même qu'il s'agit d'un objet nébuleux, une espèce de transe imagée qui n'est pas à même de plaire à tout le monde... Même si l'équilibre entre l'action et l'abstrait est pleinement atteint.
Et puis, enfin, il y a la toile de fond : après une première partie à la fois didactique, et pourtant tellement nécessaire à qui n'aurait pu se plonger dans la lecture du livre, après une moisson de personnages, on plonge à corps perdu dans cette joute politique, on touche du doigt les enjeux religieux capitaux, on saigne avec les victimes de cette guerre de pouvoir, cette guerre économique ravageuse, ce conflit typiquement coloniale qui prend en otage les civilisations locales et leur vole leurs biens.
C'est au final un film d'une très grande richesse, qui n'a pas encore tout révélé, redoutable, transcendant et puissamment cinématographique, qui mérite de multiples visions afin d'en capter tout les flux, toute la profondeur : en attendant une seconde partie qui devrait encore hausser le ton : psychologiquement, écologiquement et religieusement.

NOTE : 15-16 / 20

Voir : Dune (1984) - Dune (TV) -
La critique des internautes
 

 


NOTE : -/20

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