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Candyman
Nia DaCOSTA
Budget = 8 M$
BOX OFFICE France = 241 / 12 729 - 74 000 - ? 000 entrées
BOX OFFICE USA = 22,0 / ? M$
BOX OFFICE Monde = (76,3) M$
 

Le générique est en lui-même un coup de génie : reprenant le plan emblématique du 1er film, mais en miroir. Et l'auteur de clairsemer son oeuvre de liens avec l'original, en signe de déférence. D'ailleurs ce Candyman est finalement autant une suite qu'un remake du sublime film de B. Rose, se mêlant habilement à lui pour à la fois recréer et prolonger cette mythologie urbaine et moderne.
Candyman est un personnage réellement charismatique, pas réellement le croque-mitaine usuel des sagas holywoodiennes, mais la victime vengeresque d'une haine, celle du racisme ordinaire. De même sa manière de tuer ceux qui l'interpelle, uniquement à travers les reflets, est hautement symbolique, n'étant lui même qu'un reflet sociétal. Candyman c'est la personnification de la souffrance du peuple noir aux USA, la conscience d'un peuple qui ne peut et ne doit pas oublier son passé. D'ailleurs le passage de ce mythe à une réalité tangible pourrait être vu comme le symbole d'une nouvelle lutte libératrice. Le film réécrit sa conclusion à cette fin.
Nous assistons ici à la naissance d'une légende urbaine, son emprise sur l'inconscient collectif et tout à la fois à une réflexion sur l'art dont les moments d'animation en ombre représenteraient le côté obscur de l'artiste (d'ailleurs l'artiste retrouve son inspiration alors qu'il est au plus bas, physiquement et psychologiquement).
Autre lien avec l'original et autre réappropriation, la réalisation de DaCosta est renversante : tantôt écrasant ses personnages entre les éléments du décor, les coinçant au centre de l'écran, tantôt jouant à merveille avec les reflets ; tous les reflets. Utilisant en parallèle et subtilement l'art du montage et maniant la bande son -exceptionnellement immersive- afin de créer un plus ample malaise. Je ne peux terminer sans évoquer l'extraordinaire musique de R. Lowe, balançant entre la petite mélopée douceâtre d'un conte et l'effroi d'une partition extrêment puissante. Exquis et effryant à la fois.
Quelques menues scories persistent : le film ne prend peut-être pas assez son temps, surtout à la fin, quelques meurtres demeurent trop gratuits par rapport à l'esprit du scénario. Mais Candyman reste ce que l'on fait de meilleur et de plus intelligent dans le domaine de l'horreur.

NOTE : 15-16 / 20

Voir : Candyman (1992) - Candyman 2 - Candyman 3
La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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