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The Batman
Budget = 200 M$
BOX OFFICE France = 4 418 / 257 546 - 1 166 000 - (3 032 000) entrées
BOX OFFICE USA = 134,0 / (369,3) M$
BOX OFFICE Monde = (767,2) M$
 

Je vais voir ce film avec un ou deux a priori : un nouveau et Xième Batman, avec de nouveaux traits ; des méchants avec un air de déjà vu cinématographique et l'héritage extrêmement lourd d'un certain C. Nolan... Comprenez que je ne ne partais pas forcément très enthousiaste.
Mais les premières images, montées au son de l'Ave Maria de Schubert, me donnent d'emblée tort. Une ambiance sombre et constamment humide, des lumières laissant des traces jaunâtres, comme des tâches dans la nuit, ainsi qu'une haute teneur en gris dans la photographie diurne. On s'enfonce alors encore un peu plus dans les bas-fonds de Gotham grâce à un visuel qui sert complètement le propos de ce nouvel opus : l'étude des dépressions de chacun des personnages. Il est, enfin, louable de retrouver, après un Dark knight réaliste, les origines très comics & papier glacé de notre héros de l'ombre.
Car The Batman est un film noir, un polar sombre à tendance gothique, prenant la forme d'une enquête à énigme ; oubliez le super-héros -le film de super-héros même-, et regardez Bruce Wayne comme un Philippe Marlowe torturé qui tente d'être le héros dont personne ne semble vouloir, ne soignant finalement que ses propres plaies. Et ce scénario policier devient un sacré liant pour le film, celui-ci refusant les scènes d'action par trop impressionnantes (cependant la poursuite automobile restera dans les annales), travaillant au corps ses personnages, ses situations et, surtout, épaississant sa trame, voir sa mythologie. Et Wayne reste définitivement dans l'ombre du vengeur masqué alors que de nouvelles révélations sur son passé épaississent le propos : Pattinson se fond à merveille avec le sombre personnage. Un scénario à tiroirs pour un Batman qui retombe toutefois sur ses pattes : le terrorisme étant une thématique récurrente chez le justicier, pas forcément la meilleure des options finales.
Car c'est également sa limite : pas si profond qu'il veut bien nous le faire croire, le Riddler n'étant finalement qu'un bad justicier souhaitant littéralement nettoyer la ville de la corruption des plus puissants, tuer la gangrène de Gotham, devenant une sorte de copycat de Jigsaw ; nettoyer par le vide. Même si le personnage fascine et que P. Dano lui donne tout son charisme. Politique, le film l'est, mais cependant de manière bien moins prononcé que chez Nolan.
The Batman est la lente exploration des recoins ténébreux de l'âme humaine, jusqu'en sa musique : Michael Giacchino s'est surpassé tant sa composition est complexe, étudiée, embrassant nombre de registres pour une efficacité jamais démentie.
On ne pourrait confondre Reeves et Fincher (pour qui ne s'arrête pas à la pluie et à des tics photographiques ; pas de noirceur irrémédiable ici, ni de puissance morale vieille comme l'humanité) mais chaque plan de ce film est une merveille de beauté, beauté forcément ténébreuse, accentuant chaque effet du scénario à l'aide du bon artifice.
Et quel magnifique image que celle de ce Batman guidant la population dans le noir...

NOTE : 15-16 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : - / 20

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