Matthieu "Matt" Vasseur est un coach de vie en développement personnel, il a un succès considérable, son influence n'est plus à prouver. Et c'est le problème...
Gourou est une oeuvre parfaitement bien dialoguée, ce qui était une gageure puisque le film repose quesi entièrement sur cette crédibilité. Et la première séquence assoit l'histoire. La réalisation incisive de Gozlan accompagne ce thriller psychologique aux personnages tangibles et remarquablement dessinés, où le héros est ambigu jusqu'au bout des ongles, jusqu'au bout du bout, même lorsque le sort semble se retourner contre lui. Niney lui prête ses traits avec une incroyable finesse et la sobriété nécessaire pour ne pas tomber dans la caricature.
Le film aborde de nombreux thèmes mais sait surtout jouer sur une crainte, celle de toute personne raisonnable possède envers ces sophistes accomplis, pas forcément les êtres les plus équilibrés que l'on puisse croiser, comme tend à le prouver le scénario. Coincé entre la médecine et le charlatanisme, grand écart oblige, le scénario aborde le côté législatif du problème par le biais d'un gouvernement poussé à prendre des mesures afin de réguler ce "métier" et surtout prévenir toutes dérives : la manipulation par la psychologie (inversée). Faire croire à sa proie que l'on maîtrise sa destinée afin de mieux contrôler son esprit : couplé avec l'effet de groupe, n'est-ce pas là le terreau, la base idéologique des complotistes de tout bord ?
Par contre je ne sais trop comment prendre cette scène où Cyril Hanouna est censer nous expliquer ce que n'est PAS un journaliste...