Quand un nanti de premier ordre et à la solde d'hommes cupides, avares et passablement racistes se retrouve dans la peau d'un clochard suite à un vil pari. Et vice et versa..
Un fauteuil pour deux ose poser, par le prisme du rire, des questions importantes et vieilles comme le monde : L'environnement social joue-t-il sur notre destin d'homme et de femme ? Sommes-nous tous prédestinés à réussir ou à échouer d'après notre naissance (et notre couleur de peau...) ? Bref : le film de Landis aborde avec dignité et drôlerie le thème du déterminisme social.
Sans asséner de lourdes morales hollywoodiennes, le film nous invite à entrer, paru-delà certains préjugés, dans la peau d'un autre, de jeter un regard différent sur autrui, celui que l'on méprisait ou que l'on ne considérait même pas. Il évoque par ailleurs le fait que nos vies sociales, celles-là mêmes qui paraissent ancrer, tiennent à peu de choses ; dans un sens comme dans l'autre.
Ambitieuse et géniale comédie où Eddie Murphy est comme un poisson dans l'eau et les seconds rôles s'en donne à coeur joie et pour notre plus grand plaisir, Un fauteuil pour deux est également une comédie grinçante et mordante, intelligente, un exercice aussi éloquent que fin, avec, en prime, une bonne claque à ce fichu capitalisme qui fait semblant de donner les mêmes chances à chacun d'entre nous.