Une justicière dans la ville.
Une présentatrice radio est violemment agressée et son compagnon tué par des voyous.
Neil Jordan brille à chaque plan, pose son empreinte sur la pellicule, crée le malaise (plans obliques & mise en scène des dialogues) : le malaise d'une victime traumatisée et démunie face à une police dépassée.
Loin des "canons" du genre, le scénario y est double et malin, traversé par les sentiments d'injustice que ressentent à la fois la victime et le policier. Dans The brave one le justicier est une justicière, citoyenne anodine qui n'a rien d'une caïd ou d'une pro de la violence, le genre de personnage qui émaille pourtant ce type de cinéma. D'ailleurs les deux héros sont des protagonistes à la personnalité beaucoup moins sommaire que ceux que l'on a coutume de voir, et, donc, bien plus touchante.
A vif n'est jamais consensuel vis à vis de la violence, ce que les revenge movies des années 70-80 se plaisaient à être, le film demeure à hauteur d'homme / de femme, individu (e) contrainte de répondre par cette même violence, avec sa conscience pour guide et seule juge ; Erica Bain nous ressemble et le scénario s'avère vraiment très fin dans son approche du genre, dans sa réflexion à propos de la justice.
Charles Bronson peut aller se rhabiller.