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L'odyssée
Budget = 250 M$
BOX OFFICE France = 4 550 / 232 972 - 1 841 000 - ? 000 entrées
BOX OFFICE USA = 123,5 / ? M$
BOX OFFICE Monde = (911,4) M$
 

J'avoue : c'est la première fois que je sors d'un "Nolan" en étant... désemparé. J'avais tellement envie d'adorer cet Odyssée !
Ma première impression, à chaud, c'est que le réalisateur / scénariste a adapté, mais n'est pas parvenu à transcender l'oeuvre d'Homère. Pourquoi ? Sachant qu'il était d'ors et déjà impossible de rendre vivant sur un écran de cinéma, la richesse et le style littéraire d'un récit écrit.
Peut-être parce que ce chef-d'oeuvre intemporel de la littérature mondiale s'est transformé sous mes yeux en une addition de scènes, impression renforcée par des récits un peu décousus, ou plutôt trop rapidement énoncés à travers des scènes que j'ai trouvées scénaristiquement mal construites (surtout les épisodes du Cyclope et des Lestrygons), vraiment déséquilibrées ou plutôt trop mornes, ne laissant pas d'impressions pregnantes au spectateur ; jusqu'à la séquence de Cyrcé. J'ai eu en réalité du mal à appréhender une histoire que je connaissais plutôt bien (cette 1ère scène qui me semble presque spoiler le final), à m'y plonger corps, mais surtout, âme.
Finalement j'ai eu cette impression que la technique en générale (car visuellement le film est une merveille technique) prenait trop le pas sur l'histoire et que, ce que d'aucun reproche à Nolan dans ses films précédents, et que généralement je réfute totalement, je l'ai alors retrouvé dans L'odyssée : une certaine froideur, une émotion qui n'a pas le temps de faire son oeuvre.
Car si Nolan demeure le technicien hors pair qu'il a toujours été, il y a des séquences dont la mise en scène ne me parait pas réellement appropriée au récit : par exemple celle de la prise de Troie, que Nolan filme non pas comme un film de guerre mais clairement comme un film de suspens (montage serré, plans alternés, répétitifs qui décortiquent un détail...etc) ; alors que de suspens il n'y a pas, dans cette histoire que le monde entier connaît sur le bout des doigts...
En collant très justement au récit (trop ?), Nolan a peut-être manqué d'adaptation au média "ciné" ; même si -et c'est une excellente chose- ce même récit ne répond pas aux canons actuels, et principalement hollywoodiens. Par contre le montage, sans doute fidèle à la structure voulue par Homère, cependant très proche de ce que Nolan se plait à nous proposer tout au long de sa filmo, demeure un bijou qui secoue l'histoire et vous étourdi sublimement. Télémaque part à l'aventure mais son histoire reste en marge, alors que les flashbacks explicatifs nourissent le récit et que l'histoire s'attache au long et complexe retour du héros perdu. Le thème de la survie est au centre de tout le film : celle de Télémaque face aux prétendants, d'Ulysse face aux nombreuses embûches, de son équipage face à la faim et aux divers monstres, de la reine face au pouvoir vacant. Il est même mû par la thématique amoureuse (L'amour de Pénélope pour Ulysse, celle de Télémaque pour ses parents; voir cet espèce d'amour de l'équipage pour son capitaine ; et l'amour de Argos pour son maitre). C'est aussi une oeuvre civilisationnelle, l'histoire d'un Empire qui vainc son ennemi mais perd son leader légitime et se retrouve projetée dans la déchéance politique et le chaos.
La musique s'avère omniprésente, et parfois tonitruante, dans quasiment tout le métrage, portant le récit de A à Z ; comme L. Goransson sait si bien le faire. La photographie est sublime, les acteurs en parfaite adéquation avec ce qui demeure un film d'aventure complexe et d'une immense richesse.

NOTE : 13-14 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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