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La nuée
Just PHILIPPOT
Budget = 2,8 M€
BOX OFFICE France = 308 / 3 991 - 24 000 - 50 000 entrées
BOX OFFICE USA = - M$
BOX OFFICE Monde = - M$
 

Elle élève des sauterelles pour la consommation humaine : pas évident de vendre sa came.
Malgré l'envie forte d'aimer ce film, de soutenir nos auteurs nationaux... j'ai eu du mal à effacer l'impression persistante d'assister aux 20 premières minutes d'un film américain ; étalées sur 1h40... Comme si le maigre budget avait dirigé les intentions de l'auteur et les possibilités du réalisateur.
Cette réalisation qui ne permettra au film de s'envoler que dans son ultime partie, Philippot paraissant plus à l'aise avec l'action, mais ne permettant jamais de générer cette atmosphère quasiment dérageante que j'attendais de lui ; pas assez nerveuse pour mieux soulever notre intérêt, pas assez fine pour trouver sa voix.
Et c'est précisément là qu'à mon sens le scénario s'enlise en décrivant sa toile de fond : le harcèlement qui tombera finalement à plat, la difficulté à trouver une viabilité économique pour ce type de ferme. On ne peut que saluer les intentions louables de ne pas en avoir fait un banal " film de monstre", mais à brasser trop longtemps on semble constamment attendre ce qui doit advenir. Long et pas assez évolutif. Dommage car la métaphore est fine : nourir afin d'être nourri, exploiter le vivant, l'animal pour survivre soi-même ; jusqu'à quand la nature acceptera ce deal informel ?.
Globalement La nuée ne travaille pas au corps notre aversion naturelle pour les insectes et il me parait évident que le manque de moyens réduit fortement les ambitions du scénario (la nuée du titre disparaît ainsi trop étrangement...), le rendant beaucoup trop timoré. Une chose en entraînant une autre, les émotions s'effacent (tristesse, colère ou peur resteront de surface), même la menace restera trop vague.
Terminons sur quelques notes positives -en forme d'excuses...- car les acteurs en font beaucoup (la jeune M. Narbonne m'a scotché ! ), mais ils ne peuvent pas tout. Avec un aussi maigre budget les FX font très largement illusion et je dois admettre que la fin est absolument grandiose, pleine des promesses d'un film à faire...

NOTE : 10-11 / 20

La critique des internautes
 

Virginie se lance dans le commerce de la sauterelle comestible. Alimentation considérée comme la future nourriture hyper-protéinée qui sauvera la planète. Seulement la production ne va pas aussi vite que prévue. Cette mère célibataire doit concilier vie de famille et vie agricole. Au fur et à mesure de l'histoire, un lien obsessionnel va se tisser entre la femme et ses petites protégées.
Le film n'essaye pas de copier ses lointains cousins du fantastique et de l'horreur. On ne peut pas lui enlever ça. Les effets numériques sont crédibles, nous n'avons pas besoin de voir les insectes pendant tout le film pour frissonner et se rendre compte que la création de l'agricultrice commence à lui échapper.
Néanmoins un possible manque de budget ne permet pas au scénario d'aller jusqu'au bout de son idée. SPOILER ALERT : Que se passe-t-il après la première nuée de sauterelles ? Vont-elles attaquer le voisinage, les cultures et villes alentours ? Visiblement il ne se passe pas grand chose alors que la tension monte crescendo. Dommage, on aurait aimé en voir plus !
Le film traite aussi en sujet de fond la difficulté du monde agricole face aux intempéries et à la dure loi de l'offre et de la demande. C'est cette difficulté à remonter la pente qui va petit à petit faire perdre la tête à Virginie, personnage interprété par la très juste Suliane Brahim. Jusqu'à se laisser grignoter par sa progéniture pour sauver son affaire.

Pour conclure, côté points positifs : un casting qui fonctionne bien. Mention honorable à Marie Narbonne. Un film qui ose se démarquer. Points négatifs : Un scénario qui nous laisse un peu sur notre faim (de grillons frits). Avec un budget un peu plus consistant, le film aurait pu facilement gagner 2-3 points supplémentaires.

NOTE : 13 / 20

Rémi