Nos voisins les bêtes
Le premier défaut qui marque Jumpers est qu'il manque d'être affiné, manque qui traversera tout le film : depuis la métamorphose éclair de la gamine jusqu'au robot final WTF, en passant par le pitoyable requin volant (j'y ajouterais un ours supersonic...) ; la scénario va céder constamment à la facilité et réduire ses ambitions -fort et forcément louables- à peau de chagrin (le mignon petit étang contre les humains colonisateurs)
On sent surtout que le film fait des pieds et des mains pour rester adapté aux tout petits petits, ambition également louable mais ici un peu réductrice : son humour ne décollera jamais, les situations demeurant parfaitement symptomatiques (par exemple, l'apprentissage de la nage) et surtout il jette sur le monde un regard toujours minimaliste, adapté, tel que cette minuscule mare en lieu et place du vaste monde des adultes, trop grand à représenter pour de jeunes enfants. Et le visuel semble aller de pair avec cette optique : tellement plus lisse que ce dont Pixar est capable de nous proposer.
Sans être réellement désagréable, notamment grâce à un scénario rebondissant et un traitement moins manichéen des personnages gentils / méchants, on est cependant toujours un peu en avance sur une trame qui reprend beaucoup de choses ça et là (comme cette héroïne qui lutte maladroitement).
On regarde Jumpers comme un épisode de série TV, tel un livre pour enfants, regard auquel Pixar ne nous avait pas habitué, préférant plus globalement les récits à lecture multiple qui s'adressent aux plus jeunes autant qu'aux plus matures. C'est même dans l'ADN de la firme !
NOTE : 10-11 / 20