Dans un futur proche, une famille se procure un robot domestique. L’ombre d’Asimov -dont le film est tiré- plane… mais seulement l'ombre.
On pourrait commencer par dire que l'on est surpris par cet adroïde pas très futé, servi par une IA pas franchement intuitive : il ressemble plus à un enfant qui a tout à apprendre qu'à un être réellement super-intelligent.
Alors : est-ce
une parabole sur la condition humaine ? Non : Colombus et son scénariste
plombent leur film de tics pour le rendre plus commercial
(raté !), n'exploitant pas la veine humoristique, ou si faiblement, et se vautrant dans la niaiserie, n'osant explorer des thèmes plus profonds et complexes à leur juste valeur.
De quoi nous parle L'homme bicentenaire ? Du respect
dû par l’homme (le créateur) envers ses robots domestiques, qui pourrait
renvoyer à l’histoire de l’humanité ? Est-ce une réflexion sur notre dépendance à la technologie ? L'ingratitude des tâches domestiques ? Notre propre humanité ? Non : la seule intrigue est de savoir si le robot sera "accepté" par les deux fillettes de la maison (et leur future préogéniture) et sur la progressive humanisation de la machine, ses habiletés artistiques et émotionnelles, voir sentimentales. Pour finir par une love story "inter", mais avec une morale très / trop anthropomorphique puisque -alors que l'on nous explique que le changement vient de l'intérieur- le robot se doit de se transformer physiquement, opter pour une enveloppe quasiment humaine, charnelle, afin de gagner le coeur de sa belle... Le couplet sur la différence devient alors quelque peu tiré par les cheveux et gère subtile, scientifiquement farfelu. Même si l'on pourra être un brin interpellé par le passage sur l'éternité / la précarité de notre passage sur Terre.
Dommage, car il subsiste des thèmes humanistes,
mal traités il est vrai, mais qui auraient pu en faire
un film tellement plus profond s’il ne faisait pas que parsemer cette saga sans ampleur,
un peu fausse et finalement guère convaincante à force
d’être niaise, saupoudrée de trop bons sentiments et de dialogues frèles, manquant de sincérité et d'émotions autres que surranées. Le scénario va beaucoup, mais alors beaucoup trop vite.
Belle composition musicale de James Horner.
NOTE : 6-7 / 20