Un loup, un serpent, une tarentule, un requin, un piranha jouent
les bad animals, réputation donnée par leur confrères
humains ou animals. Ce sont des voleurs qui se la jouent conformément
à leur sinistre réputation.
Impossible de passer outre ce design définitivement original,
plus crayonné, plus naturel, pas plus qu'à côté
de cette vraie photo aux couleurs incandescentes, des couleurs
tellement loin de la froideur du numérique et même
des tendances photo-réalistes actuelles.
Le cartoon délivre une réelle réflexion
sur ces apparences qui nous poussent à être ce
que les autres croient voir en nous-mêmes (et à
laisser les autres croirent ce que l'on veut) ; derrière
chaque mauvaises personnes il y a une bonne personne qui se
dissimule, pleine de cette gratifiante bonté et prête
à sauter le pas pour peu qu'on lui tende la main. Passant
du heist movie au film à thème, Les bad
guys réussit à renouveler doublement
le monde du cartoon : à la fois visuellement, comme on
l'a vu, mais également par le truchement d'un scénario
malin et complexe, aux personnages travaillés, aux situations
jamais toutes écrites et en délivrant une progression
scénaristique sans nul autre pareil et d'une efficacité
redoutable. Surprenant de bout en bout, il se joue adroitement
de tous les faux-semblants, de tous les a priori, avec une malignité
et une pétillance communicative..
Les bad guys sort des sentiers battus, fait
plaisir à regarder et offre une réflexion universelle
et à la fois adaptée à toute la famille
sur les notions souvent réductrices de Bien et de Mal,
sur les préjugés qui limitent notre appréhension
de l'autre.
Si le film est totalement frais, dommage qu'il se sente le besoin
d'en faire franchement trop dans le domaine de l'action (aucun
hamster n'a été blessé durant le tournage...)
: il n'en avait nul besoin, sa finesse d'écriture parlait
pour lui. Ni plus, ni moins.
NOTE : 15-16 / 20